Raheem DeVaughn – Don’t Come Easy
26 juin 2018
Jade Novah – Intuition
13 juillet 2018

“Confessions”, la classic-chronique de l’album d’Usher

ARI3131_01

Loin de moi l’idée de passer pour un mec qui dénigre le travail de la génération actuelle (que je n’hésiterai pas à mettre à l’honneur prochainement à travers l’un ou l’autre album qui m’a marqué), il n’empêche tout de même que j’en reviens toujours vers mes albums « masterpiece », que je vous avais joliment décris dans ma précédente classic-chronique sur « My Name Is Joe ».

Aujourd’hui, je m’attaque à un autre monument du R&B game : le seul et unique Usher Raymond IV. En plus de porter le titre officieux de Raymond le plus hot de la terre (acquis de justesse devant Raymond Domenech), le gars est sans aucune contestation possible l’un des plus grands porte-étendards du R&B du 21ème siècle. Parce que oui, avant de faire des featuring douteux avec cette calamité en costume Celio nommée Pitbull ou d’alimenter la presse people avec ses histoires de maladies vénériennes, Usher a longtemps été le premier argument à faire valoir pour le R&B. Beaugosse, excellent interprète, danseur hors-pair, acteur à ses heures perdues : le mec excellait dans tous les domaines et était acclamé par tous, que l’on soit fan de R&B ou non. Mais pour déterminer le moment d’apogée de sa carrière, cette période où son mojo était encore plus chaud que les backstage de Jodeci après un concert, il faut incontestablement parler de l’album « Confessions ».

Osons dire les choses clairement : une personne qui se dit fan de R&B est obligée d’avoir cet album dans sa discographie. Difficile de ne pas l’avoir de toute façon : avec plus de 20 millions  d’exemplaires à travers le monde, Confessions reste (et restera certainement) son plus grand succès commercial. Mais quand on s’intéresse à l’industrie de la musique, on sait que bien souvent, les plus gros succès commerciaux ne sont pas pour autant les meilleures réalisations musicales. Dans ce cas-ci pourtant, il est très probable qu’on ait assisté à une belle exception. A titre personnel, « 8701 »  (sorti en 2001) est tout aussi bon, voire meilleur que « Confessions » (on parle quand même d’un album épique où se trouve U Remind Me, U Got It Bad, U Don’t Have To Call, Twork It Out, U-Turn…). Après, c’est ma sensibilité qui me pousse vers cette conclusion. Mais ici, même si je me laisse aller dans un certain parti pris (peut-être que certains kiffent vraiment Pitbull ? Non, je déconne), je me dois quand même d’exprimer la réalité de la majorité et du marché ! Et « Confessions » mérite de toute façon ce focus, ne fusse que pour toutes les récompenses qu’il a glanées.

1. Intro
2. Yeah! (ft. Lil Jon & Ludacris)
3. Throwback
4. Confessions (Interlude)
5. Confessions Part II
6. Burn
7. Caught Up
8. Superstar (Interlude)
9. Superstar
10. Truth Hurts
11. Simple Things
12. Bad Girl
13. That’s What It’s Made For
14. Can U Handle It?
15. Do It To Me
16. Take Your Hand
17. Follow Me
18. My Boo (ft. Alicia Keys)
19. Red Light
20. Seduction

Sorti en 2004, Confessions a réuni une équipe tellement forte qu’elle en ferait rougir les Golden State Warriors : L.A. Reid, Jermaine Dupri, Jimmy Chan & Terry Lewis, B. Cox, Just Blaze. Rien que ça ! Sans compter que Lil Jon a amené sa petite touche crunk sur le titre phare de l’album pour s’assurer qu’on ait là le banger ultime qui va permettre à Usher d’aller toucher plus que le public R&B habituel. Sur le papier, tout était réuni pour que l’on obtienne un album de haute volée. Mais il y a un monde entre la théorie et la pratique, et réussir dans l’un ne garantit pas le succès dans l’autre.

Pour s’assurer que tout ça ne résulte pas en une belle promesse non tenue, il fallait un concept solide, et c’est sur « l’intimité » qu’Usher a construit toute l’identité de l’album. Avec « Confessions », comme son nom l’indique, l’idée était de se mettre complètement à nu et lever tous les tabous entre lui et les fans. Bon, on ne va pas faire genre, tout ça ce n’est que du blabla marketing. A aucun moment j’ai eu l’impression d’en apprendre plus sur l’artiste, d’autant plus que les chansons racontant des histoires sont toutes scénarisées. Après, c’est pas important, puisqu’à l’arrivée on a un album parfaitement équilibré, navigant tour à tour entre banger, balade, slowjam et single en puissance, réalisé à la perfection.

Justement, il est temps de se pencher sur le contenu et voir ce qu’on trouve à se mettre sous la dent dans cet album. Sincèrement, lancez vous après un jeûne intégral de plusieurs jours. Il y a beau y avoir 17 morceaux (20 dans l’édition deluxe), il n’y a absolument rien à jeter. Pour ma part, je vais quand même essayer de faire la part des choses et de sortir seulement 5 morceaux, comme d’habitude, mais j’mériterais une récompense tellement la tâche est ardue.

  • Yeah! (ft. Lil’ Jon & Ludacris) : Peace up, A-Town! Que la personne qui n’a pas eu le beat en tête à la lecture de cette phrase arrête tout de suite de lire la chronique. Sérieux, est-ce que j’exagère si je dis qu’on a là le plus gros tube R&B post années 2000 ? On a tous saigné ce son jusqu’à la moelle, au point de recopier les chorés d’Usher (ou d’Albert Brennaman) sur le dancefloor. Blague à part, c’est probablement le premier morceau R&B teinté crunk à être délivré sur les ondes, et aucun autre n’a eu autant d’impact que celui-ci. Après, je dois avouer qu’à l’heure actuelle j’ai beaucoup de mal à l’écouter entièrement tellement je l’ai entendu dans ma vie (et j’suis probablement pas le seul à en avoir fait une overdose). Mais bon, overdose ou pas, certaines parties du corps continueront éternellement à bouger à l’écoute de ce refrain indémodable (et oui, le double sens dans cette phrase est volontairement recherché).
  • Confessions (Part II) : Le bon son de salaud par excellence comme on aime. Du caaaalme, je blague ! Ou pas ? Le gars a quand même osé sortir une chanson où il raconte à sa meuf qu’il a mis sa maîtresse enceinte, mais qu’il ne veut surtout pas que cela la pousse à rompre avec lui. Couillu le Raymond ! Au-delà de l’histoire, on a quand même un des meilleurs morceaux de la longue carrière d’Usher. Si à ça on ajoute le clip, on fait vraiment face à un morceau ultra fort et assez profond si on l’écoute de la bonne oreille. L’histoire ne nous dit pas ce qu’a fait sa copine finalement, mais perso, je m’en bats les steaks : si l’infidélité implique aux artistes de sortir des tueries pareilles, ils n’ont qu’à tous l’être ! (Encore une fois, je blague ! Ou pas ?)
  • Burn : Trêve d’humour, parlons un peu sérieusement. D’après les échanges que j’ai eus, Burn constitue le titre préféré de beaucoup de connaisseurs en la matière. Et pour cause, on tient là la chanson sentimentale parfaite pour les cœurs brisés, maladie dont souffrent trop souvent les acteurs de l’audience R&B (avouons le les amis, c’est dans nos gênes musicaux d’être des fragiles). Pour la petite anecdote, Usher et les producteurs ont longtemps hésité entre Yeah! et Burn pour savoir lequel serait le lead single de l’album. Si ils ont finalement opté pour le premier, de par sa capacité potentielle à toucher une audience plus large (choix justifié vu les performances commerciales), Burn n’en est pas moins un morceau phare de l’album, et la douceur dont a besoin chaque masterpiece digne de ce nom.
  • Superstar : J’ai parlé de parti pris tout à l’heure non ? Tant mieux, ça justifie ma position sur cette chanson. Pour être simple et concis : Superstar est le trésor caché de cet album. Il l’a enterré au centre de la tracklist un peu au milieu de tout, mais pour moi il était impossible de ne pas ressentir toute la puissance qui émane de ce titre. Ni trop sexy, ni trop sentimental, ni trop sérieux, ni trop léger, c’est vraiment une pépite qui, je pense, a été trop vite mise de côté par beaucoup. Je ne sais pas si je le qualifierais de slowjam à part entière, mais ce qui est certain c’est qu’il influe sur le mood et qu’il est quand même construit sur le sample d’un morceau sexy funky des années 70 de Willie Hutch (guitariste de légende du label Motown), ce qui explique la sensualité du titre. A ne surtout pas négliger donc, je ne le répéterai jamais assez !
  • Bad Girl : Rien que l’instru du son lui suffit à être dans mon top 5 ! Y’a tellement de punch et d’énergie qui se dégage que ça en est indécent. Mais après coup, quoi de plus normal que l’indécence quand on parle de Bad Girl ? La rythmique casse un peu avec les codes du R&B mais tout le talent d’Usher réside justement dans cette capacité à nous faire mordre nos lèvres sur un son loin de ce que la norme veut. Mon plus grand regret de l’album c’est qu’il n’y ait jamais pris la peine d’en faire le clip, parce que daaaaamn, ça aurait été tellement hot qu’il aurait fallu des ventilateurs pour le visionner. Mais même sans clip, le son a eu une bonne reconnaissance. Ca en dit long sur les vibes qu’il dégage ! Get at me bad girl !
  • BONUS – My Boo (ft. Alicia Keys) : Je sais je sais, j’aurais du me limiter à 5 morceaux normalement. Mais sérieux, si je ne fais pas d’exception pour My Boo, j’en ferais jamais de la vie ! On a tendance à l’oublier, mais c’est à « Confessions » (la version deluxe, plus précisement) que l’on doit cette chanson épique. Pas besoin d’être sentimental pour se laisser bercer par l’élan de pureté et d’amour que véhicule ce son, y’a trop de douceur pour rester de marbre. C’est le genre de son qui te donne envie d’être love, d’avoir « ton boo » à toi, avec qui tu pourrais l’écouter en boucle en fixant le plafond sans rien dire. (Alleeeez, avoue que je t’ai convaincu(e) !). Je sais pas ce que vous en dites, mais pour ma part, cette chanson est rangée dans les timeless classics pour toujours dans ma playlist. Rien que pour le binôme Alicia Keys et Usher en fait, y’a même pas besoin de chercher plus loin.

Pour écrire ces lignes, j’ai ressorti l’album en format CD et je l’ai écouté en boucle pour laisser l’inspiration venir, comme je fais toujours en fait. Mais étonnamment cette fois, j’me sens un peu « peiné » (pas les pâtes hein) au moment d’arriver à la fin. Parce que j’percute seulement maintenant que la carrière d’Usher a vraiment pris du plomb dans l’aile au fil des années, alors que le mec a tout le talent nécessaire pour s’affirmer en tant que King  du royaume. Reviens nous Raymond bordel, arrête tes conneries et remet toi à faire du VRAI R&B comme tu sais le faire, stp ! Dans tous les cas, on attend vos réactions sur la chronique, en espérant que vous ayez adhéré !

Love sur vous,
Osman