Jay Z feat Kanye West – Otis
20 juillet 2011
Carte Blanche à Joby Smith, au Bizz’Art (Paris)
21 juillet 2011

Charlie Wilson, Juste Charlie Wilson

De son premier single “Out of the Blue (Can You Feel It)” avec Gap Band en 1977 à “You Are” extrait de son dernier album solo, “Just Charlie”, sorti en 2010, c’est un artiste avec plus de quarante ans de carrière qui se produira, pour la première fois (en solo) en France, sur la scène du Trianon le 17 septembre prochain. L’occasion pour SoulRnB.com de s’entretenir avec la légende, d’évoquer bien entendu son parcours, les liens privilégiés qu’il entretient avec d’autres monuments de l’industrie musicale comme Snoop Dogg et R.Kelly, mais aussi de connaître sa vision du R&B actuel, un regard qui devrait en étonner plus d’un…

 

Charlie, tu évolues sur la scène musicale depuis plus de 40 ans maintenant. Qu’est ce qui te pousse encore aujourd’hui, à sortir des disques et faire des concerts ? Je suis un très grand passionné de musique. J’aime écrire, j’aime enregistrer des disques, j’aime faire des concerts et partir en tournée avec mon groupe. Ma voix s’est forgée avec le Gap Band et j’ai une chance incroyable de pouvoir encore chanter aujourd’hui. J’aime ces moments de partage avec le public, aller à sa rencontre et passer du bon temps avec lui pendant mes concerts. D’ailleurs, je tiens à remercier tous mes fans du monde entier, qui sont toujours là et me restent fidèles depuis toutes ces années.

Ton nouvel album, “Just Charlie”, est sorti en Décembre 2010, peux tu le présenter à nos lecteurs ? “Just Charlie” est, je pense, l’un de mes meilleurs albums, et j’irais même jusqu’à dire que c’est un album collector. J’espère que les français l’aiment autant que je l’aime. Cet opus est dédié à toutes les femmes désenchantées et désabusées… Et tout spécialement aux françaises : (ndlr, Charlie Wilson s’exprime en français) “Je vous aime !”

Tu as baptisé cet album “Just Charlie”, était-ce parce que tu considères cet opus comme une sorte d’autobiographie ou un essai plus personnel par rapport à tes premiers disques ? Ton précédent effort s’intitulait “Uncle Charlie”, “Just Charlie” serait-il une sorte de suite au précédent… Est-ce une manière pour toi de te ré-introduire, de te re-présenter et de te renouveler sur chaque album pour montrer à tes fans ton évolution en tant qu’homme ? Oui, c’est un album personnel, j’ai tout simplement été moi-même. “Just Charlie”, parce que c’est tout simplement moi (rires) ! A cet instant T, c’est cette musique qui représente le mieux qui je suis artistiquement. Mon prochain album me représentera également, mais sera aussi influencé par ma vie et mon quotidien. C’est très important pour moi d’évoluer chaque jour, d’évoluer en tant qu’artiste et de faire évoluer ma musique.

“You Are”, ton premier single, est un hymne magnifique à l’Amour. Est-il dédié à une personne en particulier ? Cette chanson m’a été inspirée par mon épouse. Je veux aider les hommes en leur apprenant comment s’adresser aux femmes. Je me dois de transmettre mon expérience, et d’enseigner à un jeune homme la façon avec laquelle il doit exprimer ses sentiments et toutes les choses qu’il doit dire à la femme de sa vie.

Sur cet album, tu n’as pas travaillé avec de gros producteurs et songwriters comme ça a pu être le cas dans le passé : Underdogs, LOS ou R. Kelly. Pourquoi ? J’aime travailler avec de jeunes auteurs et de jeunes producteurs, qui n’ont pas forcément encore acquis la notoriété. Je crois que souvent, les gens oublient qu’en plus d’être un vocaliste, j’écris et je produis. Mon manager, Michael Paran, et moi avons signé de nombreux jeunes et talentueux auteurs/compositeurs sur notre label, P Music Group. J’ai collaboré avec plusieurs d’entre eux sur “Just Charlie”. C’était important pour moi de les avoir sur le disque, et vu son succès, je pense que nous avons fait le bon choix.

On t’a souvent vu aux côtés de Snoop Dogg au cours de ta carrière. J’imagine qu’une relation très spéciale s’est tissée entre vous au fil du temps, comment est-ce que cela a commencé ? Alors que plus personne ne croyait en moi, Snoop est la première personne qui m’a accordé sa confiance et a cru en mon potentiel, et ce qui a commencé comme une simple session d’enregistrement a fini par devenir une relation à la fois professionnelle et personnelle très forte. Snoop, Shante et leurs enfants sont comme ma famille. Pour moi, mais aussi pour ma femme.

Tu as d’ailleurs dédicacé “There Goes My Baby” à Snoop et sa femme… Oui, c’est vrai. Quand Snoop et Shante ont renouvelé leurs voeux, chez moi, dans mon ranch, il y a quelques années de cela, j’ai chanté cette chanson pour eux. Ce fut un moment très spécial pour nous tous.

Kanye West a également collaboré avec toi sur ce précédent projet, comment ça s’est passé ? Travailler avec Kanye était génial ! Il est si professionnel en studio ! Il démarre à l’heure, il sait ce qu’il veut. Souvent, il fait même ça en se rendant dans différents studios simultanément. Son équipe est vraiment compétente et on ne peut plus impliquée dans ses tâches. Kanye m’a également permis de collaborer avec des artistes incroyables tels que Beyoncé, Mos Def, Nicki Minaj, Swizz Beatz et Jay-Z.

Que penses tu de l’évolution de la Soul et du R&B ? Je crois que le R&B est vraiment en train de revenir. Et je suis vraiment reconnaissant d’être parmi la tête de fil de ce retour. Le R&B a stagné pendant trop longtemps parce que le Hip-Hop était très présent et dominait davantage cette industrie. C’est encore le cas… Mais je pense que le R&B a une identité plus marquée aujourd’hui. Dernièrement, j’ai lu une chronique dans laquelle le rédacteur me surnommait le “Parrain du R&B”, et wow… Quel superbe compliment ! (ndlr, Charlie a récemment été surnommé le “Parrain du R&B” dans une chronique rédigée par Melissa Ruggieri/Cox News Service)

Tu détiens un record de longévité sur la scène Soul/R&B : 40 ans de carrière et pas un signe d’essoufflement (rires). Peu peuvent aujourd’hui se vanter d’avoir parcouru un tel chemin et d’être toujours là. Y a-t-il quelque chose que tu regrettes ou que tu aimerais changer ? Je ne changerais rien car sans mon passé, je n’aurais pas mon actuel présent, ni mon futur. Tout arrive pour une raison. Si mes expériences avaient été différentes, je ne serais pas là où j’en suis maintenant. Et chaque jour, je suis reconnaissant de ce succès qu’il m’est permis de vivre encore aujourd’hui.

Tu as affronté de lourdes épreuves (drogues, alcool) après la dissolution du Gap Band, mais aussi en 2008, quand on t’a diagnostiqué un cancer. Malgré cela, ta musique n’a jamais été affectée et a toujours conservé sa dimension et son message positifs. Est-ce la musique, justement, qui t’a aidé à surmonter tout ça ? Absolument. La musique a été une incroyable ressource pour me relever et prendre un nouveau départ. La musique est ma source d’énergie, ma guérison et ma vérité. Grâce à elle, grâce à Dieu et à la prière, je suis encore là et je profite de ces moments que m’offre la vie, de ma carrière dans l’industrie qui continue à évoluer et à prospérer.

Tu es un artiste reconnu et respecté par tes pairs, et tu as reçu beaucoup de récompenses au cours de ta carrière. Où stockes-tu tout cela (rires) ? (Rires) J’ai fait construire dans mon ranch, un bâtiment, qui est en fait mon studio, j’y range toutes mes récompenses.

Pour de nombreux artistes, ta carrière est un modèle. Aaron Hall et R. Kelly t’ont par exemple souvent cité comme l’une de leurs principales références. Ils n’ont jamais nié s’être inspirés de ta manière de chanter, notamment. Quel effet cela te fait ? Que de jeunes artistes viennent te remercier d’avoir été leur inspiration, c’est une récompense et un compliment incroyable, tu n’imagines pas ! Je suis sincèrement honoré que Aaron et Robert continuent de dire aux gens que j’ai eu un impact sur leur carrière. Je suis vraiment reconnaissant d’avoir encore l’opportunité d’inspirer d’autres artistes. Ces derniers m’inspirent aussi, tu sais.

Justement, on retrouve R. Kelly sur ton troisième album, “Charlie, Last Name Wilson”. Peux-tu nous en dire plus sur votre relation ? Penses-tu que vos noms soient de nouveau crédités l’un à côté de l’autre à l’avenir ? J’adore R. Kelly. C’est lui qui m’a offert mon premier #1 en tant qu’artiste solo. Malheureusement, nous sommes tellement pris par nos carrières respectives, par le studio, les tournées, que c’est vraiment difficile de planifier et coordonner nos emplois du temps pour retravailler ensemble. J’aimerais vraiment recollaborer avec lui un jour. On bosse bien tous les deux, ça serait vraiment super de réitérer l’expérience.

Dans la nouvelle génération de chanteurs R&B/Soul, as-tu des coups de coeur ? De nos jours, la musique est tellement catégorisée que c’est très difficile de distinguer qui sont les chanteurs de R&B purs, qui sont les chanteurs de Pop purs. Je vais tout simplement te répondre en te donnant mes vocalistes préférés aujourd’hui, sans leur coller la moindre étiquette : Eric Benet, Maxwell, Jill Scott, Kem, Chrisette Michele, Ledisi et Laura Izibor.

Une bien belle liste. D’ailleurs, j’imagine que tu reçois énormément de demandes de collaborations, comment les choisis-tu ? En refuses-tu beaucoup ? Je ne peux hélas pas chanter avec tout le monde, et je refuse effectivement pas mal de requêtes… Mais j’ai promis à quelques artistes que l’on chanterait ensemble… J’aimerais beaucoup sortir un album du type “Charlie Wilson & Friends”. Ce serait immense de faire ce genre de disque, puis des scènes… Tous ensemble ! Ce show enverrait grave (rires) !

A qui le dis-tu (rires) ! J’aimerais revenir un instant sur ton expérience en groupe, au sein du Gap Band. Que t’ont apporté toutes ces années ? Penses-tu que cela soit une force pour un artiste de démarrer dans un groupe, avant de se lancer en solo ? Mes frères et moi avons été gavés de musique à un âge très précoce. On a tout appris ensemble. Je sais que Lionel Richie a quitté les Commodores au top de leur popularité, Chaka a quitté Rufus, dans ces mêmes conditions et Smokey Robinson a fait pareil. Prenons Michael Jackson, pour lui, ce n’était pas un “vrai nouveau départ”. Il était si jeune quand il a quitté les Jackson 5 et quand il a commencé. En grandissant, il est parti uniquement pour suivre son propre rêve musical. Quand j’ai décidé de voler de mes propres ailes, j’ai quitté le groupe et je n’ai pas eu de rampe de lancement face à un jeune et nouveau public : on connaissait Gap Band mais personne (ou presque) ne savait qui était Charlie Wilson.

Charlie, dans quelques semaines, tu seras en France, à Paris, est-ce ta première fois ? Comment te sens-tu ? Ce sera ma première performance à Paris en tant qu’artiste solo, et je suis plus qu’excité à cette idée. Tu n’imagines pas à quel point je suis impatient, je palpite (rires) ! Et, crois-moi, on va tout retourner (ndlr, mot pour mot : “We are going to ROCK the house”) ! Passe le message : dis à tout le monde de se préparer, d’enfiler sa paire de chaussures la plus confortable car on va danser toute la nuit, jusqu’à n’en plus pouvoir (rires) !

(Rires) Hâte d’y être et de découvrir la setlist ! A ce propos, peut-on avoir quelques indications sur les titres que tu comptes interpréter ? Ou est-ce une surprise…Ah ah, surprise, surprise ! Mais faites-nous confiance, personne ne sera déçu !

Snif, on va donc patienter sagement… (rires). Quels sont tes autres projets ? Et bien, outre la promotion de l’album, je suis actuellement entré en studio avec les Boyz II Men. On travaille ensemble sur certains de leurs nouveaux titres et on passe vraiment du bon temps, alors restez connectés pour en savoir plus !

Message passé ! Merci beaucoup Charlie, ta carrière étant déjà un vrai succès, que peut-on te souhaiter de plus pour l’avenir ? Souhaitez moi que tout continue : Amour, Paix et Bonheur.

Retrouvez Charlie Wilson en concert au Trianon le 17 Septembre prochain !

DISCOGRAPHIE

SITE OFFICIEL