La sélection Soul ♥ R&B de la rédaction N°60
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Tyrese – Stay
16 août 2011

Harvey Mason Jr et Damon Thomas reforment The Underdogs

Un temps mis en lumière lors d’apparitions parfois anecdotiques, la plupart des producteurs restent des talents à l’ombre des interprètes, demeurant pourtant souvent l’élément essentiel au succès d’un titre : mélodie, paroles, arrangements vocaux et musicaux, on peut les retrouver à chaque étape de l’élaboration d’un disque. Le duo formé par Harvey Mason Junior et Damon Thomas porte bien son nom, The Underdogs, et ces derniers le racontent à SoulRnB.

Underdogs

Ayant respectivement fait leurs armes aux côtés des plus grands, les Underdogs ont cumulé, en une décennie, un catalogue de succès et de récompenses qui ont forcément marqué nos discographies, de “How You Gonna Act Like That” par Tyrese à “Up 2 You” par Chris Brown ou “The Living Proof” par Mary J. Blige sortis récemment, et après une rupture que l’on avait crue tristement définitive, les deux musiciens compositeurs reforment, pour la plus grande joie des amateurs, une des signatures les plus marquantes du R&B.

Harvey Mason Junior, Damon Thomas, vous êtes les membres fondateurs des Underdogs mais en réalité, l’équipe est bien plus importante. Pouvez-vous présenter chaque membre et son rôle ?
Harvey : Eh bien, il y a moi, il y a Damon… Et personne d’autre (rires de Damon). Non, je rigole. Au commencement, l’équipe n’était véritablement composée que de nous deux mais on travaille avec beaucoup d’autres compositeurs et producteurs. Eric Dawkins a par exemple très vite été une composante importante du groupe. Steve Russell était aussi important, Tony Dixon, Tank… C’était ça la team de départ. D’autres personnes sont venues, ont travaillé avec nous pendant un temps, puis sont parties suivre leur propre carrière solo. Ca arrive encore souvent mais c’est vraiment nous deux les Underdogs.
Damon : Yep, que nous deux ! C’est clair ! (Rires)

Et comment l’histoire a-t-elle commencé ?
H : Comment l’histoire des Underdogs a commencé… Damon ?
D : Et bien… Après avoir terminé de bosser avec Babyface, je suis allé voir Rodney Jerkins pour lui présenter ma musique et probablement travailler avec lui. Sur place, j’ai rencontré Harvey qui travaillait déjà avec Rodney, je crois que cette même semaine, les Neptunes étaient aussi venus rencontrer Rodney, je pense donc qu’à un moment donné Rodney aurait pu nous avoir Harvey, moi et les Neptunes (c’était juste avant qu’ils n’explosent eux aussi), mais Harvey m’a appelé quelques mois plus tard et on a fait une chanson intitulée “I Like Them Girls” pour Tyrese. C’est le point de départ.
H : Oui, dans mon garage (rires). Et ensuite ta maison.
D : Et ensuite ma maison. On a tout d’abord aménagé une pièce en studio, chez moi, à Northridge, puis on a tout détruit pour transformer la maison en un 5 pièces.
H : Toutes des studios.
D : On a commencé à enregistrer. Tyrese, B2K et Mario sont quelques uns des premiers artistes avec qui on a travaillé.
H : On a rencontré Clive Davis…
D : La première compagnie à avoir réellement cru en nous est celle de Clive et Larry Jackson, c’est là qu’on a commencé à bosser pour des artistes d’American Idol, etc…
H : … Et c’est ainsi que tout a commencé pour les Underdogs.

Que signifie pour vous le nom du groupe ?
H : On ne se voyait pas vraiment comme des stars ou des personnes hyper populaires, avec de nombreux fans. Je sortais d’un système, D sortait d’un autre, on se considérait tout simplement comme des novices avec encore tout à prouver.
D : Oui, quand on est sorti de ces grandes institutions musicales, ces mecs (ndlr, Babyface et Darkchild) étaient au top, face à eux, on se plaçait forcément en outsiders, lorsqu’on parlait de se lancer, on se nommait donc nous-même déjà comme cela, c’était donc évident pour nous de nous baptiser ainsi… (ndlr, outsiders pourraît être la traduction littérale de “underdogs”, l’underdog est l’opposé du favori, le challenger du champion, mais annoncé d’avance perdant)

Vos productions sont facilement reconnaissables. Qu’est-ce qui fait la particularité du son Underdogs ?
H : Je ne sais pas, c’est une combinaison de plein d’éléments… Mmh, qu’est ce que t’en penses D ?
D : Il faut repartir au début. Quand on a commencé à travailler ensemble, Harvey a apporté un peu de Rodney, j’ai apporté un peu de Babyface, on sentait beaucoup ces influences dans nos premières productions mais avec le temps on s’est trouvé, on a développé notre propre style au bout de moins de 2 ans, et on a vraiment commencé à poser les bases d’un son qui nous était propre. “How You Gonna Act Like That” est probablement la première production à ne pas ressembler à autre chose qu’à nous, et c’est surement la première signature qu’on a pu désigner comme la notre. A partir de là, on a fait tellement de trucs différents… Je pense qu’on a tous deux une culture musicale riche, le père de Harvey est l’un des meilleurs joueurs de Jazz au monde. Moi, je jouais à l’église, et tu sais on a tous deux appris à jouer de tout. Quand tu combines tous ces éléments, tu es capable de créer des choses… Aujourd’hui encore, je crois qu’on a repris le R&B qu’on fait depuis des années et qu’on le pousse à un autre niveau, en nous obligeant à toujours être bons dans ce qu’on fait. Je vais pianoter un truc terrible et Harvey me dira “Ce n’est pas assez, on doit taper plus fort” (rires de Harvey). On repousse toujours nos limites, tu vois ? On se tire mutuellement vers le haut, y compris avec nos musiciens. Je pense que quand tu t’entoures de bons musiciens qui font des choses que tu ne fais pas et de qui tu peux apprendre, tu t’imprègnes de toutes ces personnes et peux créer de nouvelles choses.
H : C’est vrai. Et pour répondre à la question, je crois que notre son se caractérise par un beat super lourd ou une fine basse, beaucoup de kicks, des snares serrés… On intègre toujours une ou deux cordes dans nos productions, et comme dans beaucoup de nos prods, ce qui fait notre signature, ce sont les longs bridges, les grandes progressions de cordes. Au niveau du chant et des vocalises, on a aussi notre touche, avec des back de ouf (ndlr, les voix de choeurs). Nos productions ont généralement des points culminants ou des arrangements qui font que la dynamique atteint des sommets à la fin du morceau, ou du moins après le pont, je pense que c’est aussi cela notre signature sonore.
D : Après le dernier crochet, tu dois avoir un bon marqueur, une bonne signature finale tu vois ?
H : Tu dois trouver la bonne section B.
D : Il te faut tout ça et la section B doit avoir un rythme différent…
H : Ca va, ça va, ne leur donne pas tous nos secrets non plus. Vous en savez bien assez sur la recette d’une prod Underdogs (rires).

Harvey, tu as été formé à l’école Darkchild et Damon à l’école Babyface. Dans quelle mesure ces artistes vous ont-ils influencés ?
H : En ce qui me concerne, j’ai passé deux ans avec Rodney Jerkins et toute l’équipe Darkchild, c’était génial, ils m’ont beaucoup appris et m’ont montré tout ce qui rentrait en compte dans la finition d’un bon enregistrement. Il y a une différence entre avoir une bonne idée et avoir un produit fini, un morceau que tu peux jouer à la radio, qui concurrencera tous les autres projets artistiques déjà existants et à venir. J’ai beaucoup appris de tout ça, de la manière dont il structure ses chansons, de la manière dont il programme les batteries, et il y a plein de trucs que j’ai intégrés à mon style. C’est aussi valable pour les autres producteurs avec qui j’ai travaillé : Teddy Riley, Jimmy, Terry (ndlr, Jimmy Jam et Terry Lewis qui forment le duo de producteurs Jam & Lewis) et Babyface, avec qui Damon a d’ailleurs travaillé pendant quelques années.
D : Exact, d’ailleurs, je vais te raconter une anecdote avec Kenny (ndlr, Kenneth “Babyface” Edmonds). J’écrivais une chanson pour Shanice Wilson, “Never Gonna Let You Go”, qui a fini par devenir une chanson de Faith Evans (son premier #1, qui plus est). J’avais programmé toute la piste dans le MP, avec les batteries… Mais il y a eu un problème et la piste a été effacée… Kenny a dû appelé Greg Phillinganes, Nathan East, Ricky Lawson ainsi que d’autres musiciens et ils ont tout rejoué en live. Ils ont envoyé grave et ont montré comment une chanson prenait vie, avec un enregistrement live. Ce sont des producteurs qui s’investissent vraiment et savent concevoir un son authentique… Quand on a fait Dreamgirls, on a appelé les mêmes pour le casting. On pouvait faire travailler toutes sortes de musiciens sur de multiples sessions, on avait cinq batteurs et trois pianistes avant même que le projet soit commencé, mais il faut être intelligent et seulement prévoir ce dont tu auras besoin pour enregistrer le morceau. Travailler avec Kenny m’a beaucoup apporté, être aux côtés de Teddy Riley aussi. Quand j’avais 18 ans, je voulais être Teddy Riley (rires de Harvey) !
H : Et moi je voulais être DeVante (ndlr, DeVante Swing de Jodeci).
D :
Oui c’est vrai (rires), et bien sûr, Jimmy Jam puis Terry Lewis… C’est marrant. Je pense qu’on a beaucoup appris de tous ces grands producteurs, et que l’on s’en sert dans tout ce qu’on fait.
H : En remontant plus loin, je citerais, Quincy Jones. Pour moi c’est le Monsieur ! Il a vraiment été le premier que j’ai écouté en me disant “wow, c’est qui ce “Quincy Jones” ? Un produc-chépakoi ? C’est ça que je veux faire !” Ce n’était pas tant la manière dont il programmait ses morceaux mais c’est grâce à lui que je me suis rendu compte que derrière tout ce que tu écoutes, tout ce qui sort de ta stéréo, il y a un mec en coulisses, derrière les rideaux, qui orchestre tout et fait opérer la magie. Je garde un souvenir marquant de ce jour où je me suis rendu compte de tout ça, et c’était le jour où j’ai réalisé que c’était Quincy Jones qui était à l’origine de tous les hits de Michael Jackson.

Et vous, en coulisses, comment travaillez-vous ensemble ?
H : On travaille de différentes manières. Parfois, Damon commence un morceau et me dit “hey Harv, j’ai une idée là”, ou alors on focalise sur un artiste. Une semaine, on aura par exemple Chris Brown en studio, alors on commencera à préparer la musique, D aura une idée et dira “tiens, écoute ça” et j’y ajouterai une ligne de percussions ou des notes de piano. Parfois, je vais faire un morceau, D va le continuer, l’exploiter, rajouter un clavier, des instruments à cordes, des ponts… Musicalement, on fait tous les deux une grosse part du travail mais il y a aussi d’autres personnes avec qui on collabore, d’autres membres des Underdogs qui vont nous proposer des morceaux. Ensuite, on retrouve les compositeurs pour écrire le titre, les paroles, trouver la mélodie. Lui comme moi faisons cela. On ne sera pas forcément tous les deux assis dans la même pièce mais il y aura une partie de nous sur chacune des chansons estampillées U-Dogs, pas vrai ?
D : Absolument. Ca peut parfois changer, si d’un coup, on est vraiment occupés et que je commence un morceau, Harvey le terminera la plupart du temps. C’est aussi simple que cela, si je lance, il marque. On procède très bien de cette manière, et tu sais, il ne s’en vante pas mais Harvey est le meilleur producteur dans l’industrie musicale et c’est génial de bosser avec lui ! Nous essayons de nous entourer des meilleurs musiciens et compositeurs afin d’obtenir la meilleure musique possible.
H : Ca fonctionne bien. On n’a jamais eu de différents en ce qui concerne la musique, jamais de désaccords… Si l’un de nous pense que quelque chose peut être amélioré, si on n’est pas tous les deux emballés, alors on retravaille…
D : Ou on passe à un autre morceau (rires).
H : Ouais, arrange-le ou passe à autre chose ! On s’est toujours super bien entendu en studio. Je sais que beaucoup d’autres types se disputent parce que l’un n’aime pas le morceau de l’autre, ou ils ne s’entendent pas sur les paroles, les idées. “Il n’y a rien de personnel”, c’est la réponse préférée de D.
D : On ne fait pas de sentimentalisme.
H : On fait de la musique.
D : Et le meilleur dans tout ça, c’est que je me sens comme un musicien fou qui aime expérimenter plein de trucs bizarres et Harvey a toujours la patience nécessaire pour y prêter attention, il sait comment intervenir. Je peux être complétement éparpillé, il saura tout recentrer, et ça donne un morceau. Donc parfois, je peux me permettre d’être imprudent, de me laisser aller…
H : … Te laisser aller à des jeux dangereux ! (Rires)
D : Oui (rires) ! Mais il le faut, sinon tu rejoues toujours la même chose. Si je poursuis dans cette voie, H trouvera le moyen d’en faire un hit radio une fois son travail terminé et je trouve ça génial.
H : C’est un bon partenariat.

De toutes vos compositions, lesquelles considérez-vous comme les meilleures, lesquelles préférez-vous ?
H : Nos favorites ? Wow !
D : C’est difficile à dire…
H : Une de mes préférées est “How You Gonna Act Like That” parce que c’est l’un de nos premiers succès et le titre sonne tellement bien. Ce son était unique à l’époque, personne n’avait encore fait ça. On a vraiment eu l’impression d’avoir créé quelque chose de spécial. D : L’un de mes titres favoris est “Still on My Brain” de Justin Timberlake, ce n’est pas notre plus gros hit mais j’aime vraiment cette chanson. J’aime la manière dont elle s’est présentée à nous et toute ce qu’elle symbolise. La conception s’est déroulée si rapidement ! Du genre “zipzipzipzip” (ndlr, onomatopée non référencée 😉 ) et on avait déjà terminé la chanson.
H : J’aime aussi  “Priceless” de Joe. C’est l’une de mes chansons préférées avec “No Air” (ndlr, de Jordin Sparks, en duo avec Chris Brown). Je suis fier de cette chanson. Je l’écoute encore quand elle passe à la radio.
D : Et moi je deviens complètement excité quand elle passe à la radio (rires) !
H : Elle passe toujours aussi bien, c’est pour ça que je l’aime autant.
D : On n’est pas du genre à se vanter mais c’est sans doute l’un des meilleurs titres des Underdogs. On garde toujours en tête de faire un autre hit.
H : La prochaine chanson qu’on fera sera notre préférée.
D : Oui, une chose mène à une autre. Je suis fier de la chanson de Chris Brown “Up to You”, c’est la chanson qui nous a réunis de nouveau. Elle nous a fait comprendre qu’on fonctionnait bien ensemble et qu’on devrait continuer ainsi tout le reste de notre vie afin qu’il n’y ait plus de rupture du groupe (ndlr, Damon et Harvey se mettent à rire).
D : Laisse tomber, on a déjà entendu ça.

Est-ce que vous prenez toujours sous votre aile de jeunes producteurs ? Si oui, comment les choisissez-vous et sur quel aspect de leur musique vous concentrez-vous lorsque vous les conseillez ?
H : Oui, on passe beaucoup de temps avec de jeunes producteurs. On en a parlé un peu avant mais on s’entoure toujours de nouvelles recrues, de personnes qui apportent quelque chose de frais et de différent. Beaucoup nous envoient des sons par email, si j’entends quelque chose, je le fais écouter à D, si D entend quelque chose, il me le fera écouter. Une fois qu’on les fait passer sous l’estampille Underdogs, ils font simplement partie des murs, ils sont de la maison. Ils écoutent ce qu’on fait et s’en nourrissent, d’une certaine manière. Ensuite, ils partent et font leur truc. On se nourrit également de leur travail, nous aussi. Le fait de faire partie de cet environnement, de nous regarder travailler, d’analyser comment on crée des morceaux, comment on les termine, comment on interagit avec les artistes, cela représente des leçons d’une valeur inestimable pour ces gens. Ca a été pareil pour moi plus tôt dans ma carrière en travaillant avec des gens géniaux, que je regardais comme des modèles, je pense donc que c’est important qu’on le fasse à notre tour. On a d’ailleurs découvert des talents, de grands compositeurs et producteurs et on les a regardés grandir, pas vrai ?
D : Oui, absolument, c’est très important. Je ne connais pas de producteur qui ait mené une grande carrière seul, sans s’entourer, c’est juste impossible. Après ta première centaine de chansons, si tu n’écris pas avec quelqu’un d’autre, tu ne fais plus de bonne musique, parce que tu proposes toujours la même chose. Tu dois donc t’entourer d’autres personnes, même s’ils ne sont là que pour t’apporter une énergie différente, une vibe différente… S’il n’y avait eu que D et moi assis dans la même pièce pendant dix ans, notre son serait vraiment mauvais (rires de Harvey). Ce que je veux dire, c’est qu’on s’aime bien mais quand on s’ennuie…
H : La musique peut s’affadir.
D : Oui, il est important de s’amuser. Tu peux parfois te retrouver avec trois ou quatre personnes, ne faire que rire de tout et n’importe quoi mais tout de même finir par trouver un concept cool. C’est ça qui fait vraiment la musique, prendre du plaisir et interagir avec des gens. Notre politique est de rester humble quand on rentre en studio car il y a tellement de gens talentueux qui y passent… Tous ceux qui ont posé les pieds ici ont du talent.
H : C’est comme la NBA, il y a plein de monde qui joue au basketball mais tu n’arrives pas jusqu’ici si tu n’as pas été drafté.
D : Si tu débarques avec beaucoup de crochets, de feintes et autres grigris, cela ne suffit pas, tu n’y arriveras pas, il faut que tu sois capable de jouer.
H : De nouvelles personnes viennent et apportent leurs expériences personnelles, c’est ce qu’on kiffe. On a notre style de vie, on a ce qu’on fait dans la vie, mais quand tu prends avec toi des personnes qui ont un autre style de vie, un autre vécu et peut-être même une vision du monde différente de la tienne, ça te nourrit.
D : Oui, les jeunes ont une manière de parler complètement différente de la notre.
H : On est encore jeunes (rires) !
D : Oui mais on écoute, on est assez intelligent pour prêter attention à ce qu’ils disent et faire des morceaux de dingue. C’est ce qu’il y a de cool dans tout ça. Ca va bien au-delà de faire des beats, c’est un ensemble. Être producteur aujourd’hui, ce n’est pas simplement écrire des chansons ou être musicien. Il faut être capable de développer le talent, savoir se comporter avec les artistes, savoir comment préserver les gens qui t’entourent, les rendre heureux, et je crois qu’on a fait du beau travail sur ce point.
H : Agir avec des impératifs n’est pas si facile que ça.

Est-ce qu’il reste des artistes avec qui vous rêveriez de travailler ?
D : Usher.
H : Un seul mot !
D : Il est le premier de notre liste. U-S-H-E-R. C’est très simple (rires).
H : Oui, je ne sais pas pourquoi on n’a pas encore travaillé avec lui, j’sais pas, il ne nous aime pas. Très triste, très déprimant.
D : Usher, si tu nous lis, on sera sur ton prochain album (rires) ! On peut en citer un autre ? Rascal Flatts. C’est un must absolu. Je sais que tout le monde nous voit comme des mecs du R&B, mais si tu lis notre catalogue, c’est plus que cela, et il y a un genre auquel on veut s’attaquer dans le futur : la musique Country.
H : Je vais porter ce chapeau de cowboy.
D : Absolument. J’en porte déjà un, je monte à cheval, ils se fichent déjà de moi alors… Ca ne paraitrait pas bizarre si j’arrivais ici avec un chapeau de cowboy sur la tête (rires).

(Rires) Quels sont vos projets en cours ?
H : Hmm, voyons voir… Le prochain Chris Brown, Fortune…
D : Mary J. Blige, et la bande originale du film “The Help”.
H : Puis Ne-Yo, Jason Derülo, Anita Baker, Mario, Akon…
D : Il y a aussi les artistes que l’on développe sur notre label.
H : Oui, Jacob Lattimore, iSquare, Jawan Harris. Nous espérons en sortir cinq ou dix…
D : Yeah, nous ne pouvons pas nous souvenir de tout le monde et de tous les projets en cours mais disons que cela représente notre actualité pour les six prochains mois. On vous l’avait dit, c’est le retour des Jedis (rires) !

(rires) Et sinon, en ce moment, vous écoutez quoi ?
H : J’écoute de tout, de la Country, du Rock, du Classique.
D : Yep, Harvey joue souvent de la musique classique au piano, du coup, ça me donne l’occasion d’écouter tout autre chose. Comme vous le voyez, nos goûts musicaux sont assez éclectiques.
H : J’écoute aussi pas mal la radio. Tu sais, nous écoutons de la musique toute la journée non-stop vu qu’on est toujours en studio.
D : Du coup, j’en ai assez, je préfère lire ou écouter des gens parler, j’écoute les infos à la radio, plutôt que de les lire… Mais je continue de lire ! Plus que Harvey !
H : (Rires) Oui, rentrer chez soi, et ne rien écouter d’autre…
D : Nous devions nous rendre à un rendez-vous en voiture, et Harvey commence à zapper de station et s’arrête sur un talk show radio.. Je me suis dit “Mais qu’est-ce qu’il fout là ? Il écoute vraiment des gens parler ?” (rires), au début je trouvais Harvey bizarre pour cela, moi je lis les infos, mais maintenant je les écoute aussi à la radio. Mais je lis toujours, plus que Harvey en tout cas ! Avec le temps j’ai compris. A force, faire de la musique toute la journée ne te donne plus envie d’en écouter.
H : Pendant longtemps, je n’avais même plus de chaine stéréo chez moi ! C’est dingue, c’est même horrible mais bon… (Rires)

Merci à vous les gars ! Merci à vous !